La justice : menace ou rempart pour les plus pauvres ?

Journal Partenaire (Belgique)
n° 88 – mai/juin 2014

éditoEn se fondant sur le respect de la dignité de chacun, les droits de l’homme forment l’ultime bouclier des humiliés. Ils traduisent leurs aspirations. Et quand leur parole se fait entendre, alors, le droit ne les écrase plus et le juge peut dire ce qui est juste.

Tel fut l’enjeu du séminaire qui s’est tenu à Pierrelaye, dans la banlieue parisienne en avril dernier. Il a mobilisé des défenseurs des droits de l’homme. Certains avaient personnellement expérimenté la misère, d’autres non ; certains étaient professionnels du droit, juges ou avocats, d’autres étaient des citoyens engagés aux côtés des très pauvres. Pendant deux jours, ils ont partagé leur expérience et croisé leurs savoirs.

Faire appliquer la loi est une chose, la faire évoluer en est une autre. à défaut d’entendre la voix des plus pauvres, la loi, loin d’être un rempart devient une menace pour eux. Elle en fait des hors-la-loi Ici encore, les très pauvres, comme tout un chacun, ont un mot à dire, une expérience et une réflexion à partager. Leur prise de parole est indispensable au niveau politique si nous voulons une démocratie sans exclusion. Tel fut l’enjeu de l’Université populaire européenne qui s’est tenue au Parlement européen à Bruxelles.

Les droits fondamentaux forment un ensemble, ils sont indivisibles, ils dépendent les uns des autres. Mettre en sourdine un seul droit, et c’est tout l’édifice qui est menacé. Ainsi, par exemple, en ne rendant pas effectif le droit au logement pourtant inscrit dans la Constitution, on met en péril le droit de vivre en famille. On laisse la porte ouverte aux placements d’enfants pour cause de misère.

Notre pays se classe parmi les plus mauvais élèves en matière d’éducation donnant une réelle chance aux enfants issus de parents défavorisés. éveiller la curiosité de ces enfants, stimuler leur envie de lire, faciliter leur insertion, s’inscrit prioritairement dans le droit à l’égalité de chance à l’école. Tel est l’enjeu des « bibliothèques de rue ». Ici encore, il y va d’un engagement pour les droits fondamentaux.

Georges de Kerchove

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