L’accès aux droits : construire l’égalité

CNLE

L’accès aux droits, qui garantit à chacun d’être pleinement citoyen, est la thématique qu’a choisie le Défenseur des droits lors du colloque organisé par ses soins le 2 décembre 2013. (…)

Le Défenseur des droits a, entre autres, pour mission de lutter contre les discriminations et de promouvoir l’égalité entre les citoyens.

Le 2 décembre 2013 s’est tenu le colloque «L’accès aux droits : construire l’égalité», organisé par le Défenseur des droits, Dominique Baudis. Ce colloque, qui a réuni des acteurs associatifs, institutionnels et des chercheurs, a été l’occasion d’aborder de manière transversale les difficultés structurelles rencontrées par les citoyens dans l’accès aux droits, en consolidant l’analyse des fondements de l’accès aux droits par des expériences de terrain.

Lors de ce colloque, quatre problématiques ont été abordées sous la forme de tables rondes :

• le non-recours aux droits ;
• l’accès aux droits des publics vulnérables ;
• l’accès aux droits et les territoires ;
• l’accès aux droits et l’organisation des services publics.

Les principaux enjeux soulevés lors de ces tables rondes ont été l’universalité des droits et les politiques de droit commun, notamment à travers la situation des étrangers en séjour irrégulier, des détenus ou encore des bénéficiaires de prestations sociales. (…)

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Avancée sur les droits économiques et sociaux

ATD Quart Monde France

Le 26 juin l’Assemblée nationale a voté oui à la ratification par la France du Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Collectif d’une trentaine d’organisations (syndicats, associations de défense des droits humains et de solidarité internationale, coalitions) oeuvrant en faveur de la lutte contre la pauvreté et les droits humains, la Plateforme DESC salue ce vote qui, elle l’espère, se confirmera très prochainement au sein du Sénat.
Adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 2008, ce protocole vise à renforcer le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels auquel la France a agréé en 1980. En cela, il ne crée pas de nouveaux droits, mais fournit un moyen de faire appliquer ceux déjà reconnus dans le Pacte : les droits au travail, à la santé, à l’éducation, à la nourriture, à l’eau, à des installations sanitaires, au logement, à la sécurité sociale, à un environnement sain et à la culture.
Entré en vigueur le 5 mai 2013, ce protocole marque une avancée majeure pour la protection des droits humains en ce qu’il permet aux victimes de violations de leurs droits économiques, sociaux et culturels, au même titre que les droits civils et politiques, d’avoir accès à un recours au niveau international, lorsqu’elles n’ont pas pu obtenir justice au niveau national. (…)

oOo

La chambre (italienne) a approuvé le projet de loi de ratification du protocole facultatif relatif au Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, signées à New York le 10 décembre 2008. Le texte est en lecture au Sénat.

Aise

SÌ DELLA CAMERA AL PROTOCOLLO FACOLTATIVO SUL PATTO INTERNAZIONALE SUI DIRITTI ECONOMICI, SOCIALI E CULTURALI: NISSOLI (PI) RELATRICE IN AULA

Nella seduta di questa mattina, la Camera ha approvato il ddl di ratifica del Protocollo facoltativo relativo al Patto internazionale sui diritti economici, sociali e culturali, firmato a New York il 10 dicembre 2008. Relatrice in Aula è stata Fucsia Nissoli, deputata di Per l’Italia, eletta in Nord America.

Le norme del Protocollo sono volte alla tutela dei diritti economici, sociali e culturali degli individui attraverso il potenziamento delle funzioni di un apposito Comitato che è un organismo preesistente il Protocollo medesimo. In particolare, come ha sottolineato Nissoli nel suo intervento, è stabilito che il Comitato è competente a esaminare “comunicazioni provenienti da individui, o gruppi di individui, che si reputano vittime di violazioni di uno o più diritti sanciti nel Patto”. (…)

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Manuel de droit européen en matière d’asile, de frontières et d’immigration

Cour européenne des droits de l’homme

La Cour européenne des droits de l’homme et l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne viennent de publier sur le site de la CEDH (echr.coe.int), sous l’onglet « publications« ,  leur guide actualisé de droit européen en matière d’asile, de frontières et d’immigration. Ce guide, téléchargeable,  tient compte de la jurisprudence de la CEDH et de la CJUE (Cour de Justice de l’Union européenne). Il comprend aussi les directives et les règlements de l’Union européenne qui sont applicables à la matière, ainsi que des références à la Charte sociale européenne et à d’autres instruments du Conseil de l’Europe. Cette seconde édition est aussi proposée dans d’autres langues.

J.M. Visée

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¿Puede el Tribunal de Estrasburgo parar desahucios o facilitar realojos?

La Cour européenne des droits de l’homme a suspendu l’expulsion d’une famille de son logement en Espagne. La mère et ses deux enfants occupaient un logement vide faute d’obtenir une réponse des autorités pour obtenir régulièrement un logement. La Cour a demandé à l’Espagne quelles solutions de relogement alternatives allaient être proposées à cette famille et dans quels délais, pour éviter une éventuelle violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme pour traitement inhumain et dégradant. Le commentaire d’un avocat espagnol fait état d’autres demandes de mesures provisoires devant la CEDH, qui exigent l’épuisement des voies de recours internes à l’Etat en cause. De telles mesures fondées sur l’art. 39 du règlement de la Cour sont exceptionnelles mais elles reconnaissent la gravité de la situation en cause.

J.M. Visée

Diagonal Global

El Tribunal Europeo de Derechos Humanos suspende cautelarmente el desahucio de una familia en Madrid

La corte ordenó al Estado español paralizar el desalojo de una vivienda del Instituto de Vivienda de Madrid.

El pasado 13 de diciembre, a las diez de la mañana, una familia más iba a ser desahuciada de la vivienda en la que residía. Se trata de una mujer de 24 años y sus dos hijos pequeños, que, en situación de exclusión, ocupaban irregularmente una vivienda vacía del Instituto de la Vivienda de Madrid (IVIMA) en la zona de Vallecas desde hace tres años. La familia explica haberse visto en la tesitura de ocupar este piso después de haber solicitado en reiteradas ocasiones a las autoridades competentes una solución habitacional sin obtener ninguna respuesta. (…)

“El 6 de diciembre remití vía fax al TEDH una solicitud de medida cautelar de suspensión urgente ante la grave situación de la familia en precariedad económica y exclusión social”, explica Pinto, que alegó una posible vulneración del artículo 3 del Convenio de Roma [Convenio Europeo de Derechos Humanos], que establece que “nadie podrá ser sometido a tortura ni a penas o tratos inhumanos o degradantes”, además del artículo 8, que hace referencia a la protección de la familia. “Alegamos tratos inhumanos y degradantes porque se deja a una familia con menores en la calle sin adoptar ninguna medida, quedando ésta abocada a la precariedad y al desamparo”, afirma Pinto.

El día 11, el TEDH remitió una pregunta al Estado español sobre qué “soluciones de realojo alternativas van a proponer [a la familia] y en qué plazos” para evitar la posible violación del artículo 3 del Convenio, y recibió una respuesta del IVIMA, firmada por su director gerente, Juan Van-Halen, en la que se hace hincapié en el hecho de la “ocupación ilegal” y se afirma que “la demandante no pretende la defensa de un derecho sino el reconocimiento de un privilegio”, para después referirse a una “amplia red de servicios de asistencia”, pero sin aportar ningún tipo de solución concreta. (…)

oOo

Medidas Cautelares dictadas por el Tribunal Europeo de Derechos Humanos en materia de Derecho a la Vivienda y Desalojos Forzosos en España.

El Tribunal Europeo de Derechos Humanos, con sede en Estrasburgo (Francia), es un tribunal perteneciente al Consejo de Europa. Sus decisiones vinculan a España. Se puede acudir a este Tribunal sólo cuándo se han agotado todos los recursos procesales disponibles en España, lo que normalmente conlleva obligación de pasar por Primera Instancia, Recursos en Segunda Instancia y/o Tribunal Supremo y/o Tribunal Constitucional. Una vez agotados los recursos nacionales, se puede acudir al TEDH planteando una demanda y abriendo así un proceso que durará varios años.

No obstante, en casos de urgencia con riesgo extremo de violación de Derechos Humanos se puede acudir para pedir la adopción de Medidas Cautelares Urgentes, que sin decidir sobre el fondo del asunto, ordenan una medida temporal de protección hasta que termine el proceso. Este proceso se regula en el artículo 39 del Reglamento del Tribunal y en su sitio web (www.echr.coe.int) se pueden encontrar las instrucciones básicas y los modelos de solicitud.

Al igual que para plantear una demanda ordinaria, también para pedir Medidas Cautelares se tiene que haber agotado la vía interna, así que en la mayoría de los casos no es posible acudir por estar pendiente de resolverse recursos internos en el Estado español.

¿En qué casos se han adoptado Medidas Cautelares en materia de vivienda en el Estado español? En 3 ocasiones:

1ª Diciembre de 2012.- Caso de desalojo de vivienda ocupada en Vallecas. El abogado de oficio de la familia agotó todos los recursos de instancias internas y logró llegar al TEDH antes del desalojo, adoptándose medidas cautelares que evitaron el desalojo. Sin embargo, posteriormente el TEDH ha inadmitido la demanda por considerar no agotadas las vías internas una vez que el asunto está siendo conocido por el Tribunal Constitucional.

2ª Enero de 2013.- Caso del derribo de una vivienda de familia marroquí en la Cañada Real Galiana. El abogado (en este caso yo mismo) agotó todas las instancias internas y recurrió al TEDH logrando unas medidas cautelares que paralizaron el derribo, provocando a su vez la decisión municipal de suspender los derribos en general en Cañada Real Galiana.
En este link más info: http://www.caesasociacion.org/index.php/movimientos-sociales/derecho-a-la-vivienda/canada-real/1448-comunicado-de-prensa-conjunto-de-centro-de-asesoria-y-estudios-sociales-y-amnistia-internacional

3ª Octubre de 2013.- Caso del Bloque de Salt. Se trata de un bloque de viviendas vacías propiedad de una entidad financiera que se ocupó por un colectivo de personas sin alojamiento y como parte de la campaña “Obra Social” de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca de Girona. Ante la orden de desalojo ordenada por un órgano judicial, dentro de un procedimiento penal por usurpación de inmueble, desde la defensa del colectivo se planteó una petición esencialmente igual a las medidas cautelares de la Cañada Real. Lamentablemente el TEDH sólo suspendió el desalojo durante poco tiempo, « levantando » las medidas cautelares ante el ofrecimiento de alojamiento por parte de la Generalitat de Catalunya para algunas familias.

En febrero de 2014, en el caso de la Corrala Utopía, un bloque de viviendas en Sevilla también ocupado por un colectivo de personas en situación de emergencia habitacional, ante la orden de desalojo derivada del proceso penal por usurpación, se ha recurrido al TEDH, utilizando también el modelo de Salt que a su vez se basa en el modelo de Cañada Real, pero en este caso no ha habido Medidas Cautelares al estimarse por el Tribunal que las garantías ofrecidas por el Gobierno y el Ayuntamiento de Sevilla eran suficientes. Por tanto, en este caso el recurso al TEDH ha dilatado quizá unos días el desalojo, el tiempo en que el tribunal ha requerido al Gobierno y éste ha respondido, pero no ha logrado su objetivo de paralización cautelar durante el proceso.

Las experiencias en materia de Medidas Cautelares ante el Tribunal Europeo de Derechos Humanos deben servir para una aplicación mejorada en nuevos casos, siempre que sean aplicables dadas las dificultades procesales que entraña esta vía. Por lo tanto, habrá que revisar los procesos específicamente de arriba a abajo analizando todo lo actuado en sede judicial y ver qué opciones de petición de auxilio al Tribunal cabe plantear. Cómo solemos decir en asambleas y talleres colectivos, el frente judicial es muy útil porque condiciona al frente extrajudicial, pero resulta insuficiente por sí sólo, dándose a menudo mejores resultados a por la combinación de ambos planos (como ejemplo: Corrala Utopía que finalmente consiguió realojar a sus habitantes a pesar de no obtener medidas cautelares).
Junio de 2014

Javier Rubio.
Abogado del Centro de Asesoría y Estudios Sociales (CAES).
www.caesasociacion.org

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La justice : menace ou rempart pour les plus pauvres ?

Journal Partenaire (Belgique)
n° 88 – mai/juin 2014

éditoEn se fondant sur le respect de la dignité de chacun, les droits de l’homme forment l’ultime bouclier des humiliés. Ils traduisent leurs aspirations. Et quand leur parole se fait entendre, alors, le droit ne les écrase plus et le juge peut dire ce qui est juste.

Tel fut l’enjeu du séminaire qui s’est tenu à Pierrelaye, dans la banlieue parisienne en avril dernier. Il a mobilisé des défenseurs des droits de l’homme. Certains avaient personnellement expérimenté la misère, d’autres non ; certains étaient professionnels du droit, juges ou avocats, d’autres étaient des citoyens engagés aux côtés des très pauvres. Pendant deux jours, ils ont partagé leur expérience et croisé leurs savoirs.

Faire appliquer la loi est une chose, la faire évoluer en est une autre. à défaut d’entendre la voix des plus pauvres, la loi, loin d’être un rempart devient une menace pour eux. Elle en fait des hors-la-loi Ici encore, les très pauvres, comme tout un chacun, ont un mot à dire, une expérience et une réflexion à partager. Leur prise de parole est indispensable au niveau politique si nous voulons une démocratie sans exclusion. Tel fut l’enjeu de l’Université populaire européenne qui s’est tenue au Parlement européen à Bruxelles.

Les droits fondamentaux forment un ensemble, ils sont indivisibles, ils dépendent les uns des autres. Mettre en sourdine un seul droit, et c’est tout l’édifice qui est menacé. Ainsi, par exemple, en ne rendant pas effectif le droit au logement pourtant inscrit dans la Constitution, on met en péril le droit de vivre en famille. On laisse la porte ouverte aux placements d’enfants pour cause de misère.

Notre pays se classe parmi les plus mauvais élèves en matière d’éducation donnant une réelle chance aux enfants issus de parents défavorisés. éveiller la curiosité de ces enfants, stimuler leur envie de lire, faciliter leur insertion, s’inscrit prioritairement dans le droit à l’égalité de chance à l’école. Tel est l’enjeu des « bibliothèques de rue ». Ici encore, il y va d’un engagement pour les droits fondamentaux.

Georges de Kerchove

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Le séminaire juridique européen : un cocktail détonnant !

Journal Partenaire (Belgique)
n° 88 – mai/juin 2014

Depuis près d’un an, dans plusieurs pays d’Europe, des défenseurs des droits de l’homme venus de tous horizons ont écrit des centaines de récits pour dénoncer des situations d’injustice tirées de la vie quotidienne et liées à la grande pauvreté. Ils ont dit comment ils avaient tenté d’y mettre fin. Ils ont fait des propositions afin que cela change.

Des récits qui en disent long

140412+JUSTICE+DDH+13A Bruxelles comme dans d’autres villes européennes, des hommes et des femmes restent condamnés à mendier pour survivre, à afficher leur misère pour susciter la compassion et obtenir quelques piécettes. Dans les campagnes, des hommes et des femmes, faute de moyens, résident de façon permanente dans des campings sans possibilité de s’y faire inscrire. Et à défaut d’inscription dans les registres de la population, plus encore que leur citoyenneté, leur existence même est mise en cause.

Partout, des hommes et des femmes en séjour illégal restent anonymes, c’est-à-dire sans nom, sans existence. Ils sont condamnés à la clandestinité, privés de tout droit et hors-la-loi.

Aux Pays-Bas, des hommes et des femmes sont radiés des registres domiciliaires, ils sont alors privés de tout droit et de citoyenneté. On les appelle « spookburgers », citoyens fantômes. Ici aussi, ils se voient déniés le droit d’exister parce qu’ils sont soupçonnés d’être des fraudeurs potentiels. Et sans existence légale, ils sont comme des morts vivants dans leur propre pays.

En France, des enfants sont retirés à leur famille, parfois dès la naissance, pour cause de misère. Les parents se battent pour les récupérer sans même avoir accès à l’entièreté du dossier. Et dans certains cas, la partie accessible du dossier est mise au dernier moment à la disposition de l’avocat. Peut-on parler de droit de vivre en famille et de procès équitable ?

En Espagne, faute de moyens financiers, des familles ne parviennent plus à payer le loyer. Les enfants se retrouvent en institution et les parents à la rue. Ils ont à se justifier sans cesse devant les services sensés les aider. Ici aussi, en l’absence de logement, les autres droits ne sont-ils pas bafoués en cascade, les droits à la sécurité, à la famille, à l’honneur, à la vie privée ?

Des débats passionnants, parfois difficiles

Autant de situations intolérables qui ont suscité des débats passionnants, parfois difficiles, à partir de l’expérience complémentaire et des savoirs différents des participants, dans une vraie écoute de la parole d’un chacun.

Ce fut comme un cocktail détonnant : ce séminaire a uni des forces qui jusqu’ici s’ignoraient. Il a permis de mieux cerner les enjeux fondamentaux du droit et les exigences de la justice. Il est un tremplin important pour changer le regard. Il donne un regain de confiance aux défenseurs des droits de l’homme venus d’horizons très divers. Ils ont expérimenté qu’ensemble, ils peuvent aller au fond des choses et les faire changer.

Mieux qu’un compte-rendu, voici quelques réflexions de participants belges.

« On a d’abord échangé entre gens du même milieu, on a retenu des idées, puis on les a partagées avec des professionnels. On s’est aperçu que de leur côté, les juges avaient des difficultés pour juger. Mais ils sont obligés de juger, ils n’ont pas le choix. Un juge a même dit que les pauvres avaient leur mot à dire pour faire évoluer les lois dans le bon sens » (Un militant1)

140412+JUSTICE+DDH+51« Ce séminaire n’est qu’un début. Comment continuer ensemble ? On a lancé des pistes. ça ne peut pas rester un feu de paille, il faut donner une suite. La justice est trop importante pour la laisser aux professionnels. Je regrette d’ailleurs qu’il n’y en avait pas plus. » (Un militant)

« Au début, on croyait que les juges étaient toujours d’accord entre eux, on les voyait de l’autre côté du bureau. Maintenant, je les vois du même côté que nous. » (Une militante)

«  Dans le séminaire, les juges étaient trop gentils. Et les militants aussi. Des juges n’étaient pas d’accord entre eux. Ils titillaient sur des mots, les militants n’osaient pas intervenir. A un autre moment, une militante à trop pris la parole. On ne savait plus l’arrêter. Je n’étais pas d’accord avec elle. » (Une militante)

« Les militants apportaient les véritables enjeux. On allait au fond des choses. J’ai participé à d’autres séminaires, uniquement avec des professionnels. On n’a pas été aussi loin. Les militants m’ont fait découvrir l’importance du débat verbal à l’audience. Il faut prendre le temps d’entendre les gens et de les confronter aux écrits rédigés sur eux. Quelqu’un a dit : on est massacré trois fois. Une fois par la police, une fois par l’assistante sociale, et une dernière fois par le juge. Ce qui a changé pour moi, c’est la définition de juger : un bon juge est un rassembleur de paroles qui essaye de trancher. » (Un juge de la jeunesse)

« J’ai compris qu’on est tous égaux, juges, avocats ou des gens comme nous. On est pas bêtes, on a une capacité de réflexion. On est même complémentaires pour faire respecter les lois. On était là pour la même chose, comme des partenaires. Professionnels et militants, on a gagné des deux côtés. On a appris l’un de l’autre. Eux apportaient au niveau de la loi. Nous, on apportait notre vécu et notre connaissance. » (Un militant)

« J’admire les gens qui ont écrit les récits. Ils ont du courage. Moi-même, à la lecture d’un récit, j’ai dû sortir, j’étais pleine d’émotion. ça me rappelait de mauvais moments. » (Une militante)

« La rencontre entre différents vécus a été possible. On vivait une même histoire, mais différemment. On est passé d’une logique de chacun dans son coin vers une logique de collaboration. J’ai été impressionnée par l’espace de parole donné aux militants et par ce qu’ils ont dit, parfois avec beaucoup d’émotion. » (Une avocate)

Ont contribué à la rédaction de cet article : Didier Clerbois, Marc Couillard, Georges de Kerchove, Oumar Kane, Marcelle Ledieu, Jean François Limpens

1 Militant(e) : membre d’ATD Quart Monde ayant vécu l’expérience de la pauvreté

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Expulsions de campements : la France devant la justice européenne

Passeurs d’hospitalité

La France a été condamnée le 17 octobre 2013 par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour une expulsions de campement sans concertation, sans examen de la situation des personnes et sans solution de relogement, au titre du respect de la vie privée et du domicile (voir ici : http://www.atd-quartmonde.fr/le-droit-a-etre-entendu/).

La CEDH est à nouveau saisie depuis le 12 avril 2014 d’un recours contre une autre expulsion de campement, au titre du traitement inhumain et dégradant que constituent les circonstances de l’expulsion et la dégradation des conditions de vie des personnes expulsées, ainsi que du respect de la vie privée et du domicile (voir ici : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Discriminations/Discriminations/Actualites/La-Cour-europeenne-saisie-une-expulsion-forcee-de-Roms-en-France-11962).

Voir aussi : LDH Toulon

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La domiciliation des personnes sans domicile stable

ATD Quart Monde France

Pour mener une vie sociale et avoir accès à ses droits civils, civiques et sociaux (prestations sociales, délivrance d’une carte nationale d’identité, compte bancaire, inscription sur les listes électorales…), il faut avoir une adresse. C’est l’objet de la domiciliation administrative.Revue par la loi de 2007 instaurant le Droit Au Logement Opposable (DALO), la domiciliation est assurée par les centres communaux d’action sociale (CCAS) et d’autres organismes agréés. (…)

CONDITIONS

Les personnes concernées sont celles qui vivent de façon itinérante, celles qui sont hébergées de façon très temporaire par des tiers, ou celles qui recourent aux centres d’hébergement d’urgence.

La personne doit être installée ou doit avoir l’intention de s’installer dans la commune. Cet aspect est établi par l’un des éléments suivants :
– l’exercice d’une activité professionnelle ;
– le bénéfice d’une action d’insertion dans cette commune ;
– l’exercice de l’autorité parentale sur un de ses enfants qui y est scolarisé ;
– la présence de liens familiaux ou amicaux, actuels ou passés ;
– l’hébergement chez un habitant ;
– les démarches effectuées auprès de centres d’hébergement d’urgence, de bailleurs sociaux, d’employeurs, d’établissements de soins, suivi social…

Aucune durée minimale de présence sur la commune ne peut être imposée. En revanche, une personne itinérante de passage peut voir sa demande de domiciliation rejetée. Ce refus doit être motivé.

La personne doit être ressortissante de l’un des 30 États de l’Espace Économique Européen ou de la Confédération suisse. Elle peut également être étrangère en situation régulière.

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Front Communs des SDF

Belgique : adresse de référence

(…) Par une circulaire du 4 octobre 2006, co-signée par le ministre de l’Intérieur et celui des affaires sociales, quelques précieuses mises au point sont clairement expliquées.

  1. L’adresse de référence est valable pour toutes celles et ceux qui, par manque de ressources suffisantes n’ont pas de résidence et sont privées des avantages sociaux, par exemple les allocations chômage. Cela est également valable pour un travailleur, mais ils ne l’ont pas mis clairement pour ne pas donner envie à certains….
  2. Le CPAS compétent, c’est celui de la commune où la personne se trouve au moment de la demande. En cas d’hésitation, c’est le ministre qui doit décider grâce à un n° de fax connu du CPAS.
  3. Si cette personne n’a pas été radiée de son ancienne commune, le CPAS doit demander cette radiation en utilisant le formulaire annexé à la circulaire. (…)

 

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Se saisir de la jurisprudence de l’arret Winterstein

ATD Quart Monde France

Pour l’hébergement les jurisprudences sont diverses dans l’application de l’article L341-2 du code des familles. Il faut insister et utiliser ces jurisprudences. Alors que l’arrêt Winterstein est paru le 17 octobre 2013 après tant d’années de mobilisation et de lutte, il aura suffi d’un mois pour qu’il soit utilisé dès novembre 2013 à Cergy pour plaider la défense des familles du voyage menacées d’expulsion.
Plus modestement le secrétariat des comités solidaires pour les droits, interpellé par le Réseau d’ Éducation sans Frontières (RESF) à propos d’une expulsion de familles roms à Grasse a joint cet arrêt à la lettre au Préfet. Les multiples mobilisations citoyennes ont repoussé l’expulsion.
Une décision du tribunal de Bobigny (24 janvier 2014) s’est appuyé également sur l’arrêt Winterstein de la Cour Européenne des droits de l’Homme.
A Calais le site passeurs d’hospitalité, rappelle le cadre juridique en citant l’Article 8 du Code civil, ainsi que l’Article 9, Droit à la vie privée. Sur ce site sont dénoncées les violations de la loi qui se perpétuent à Calais au fil des années, (intrusions policières, de jour comme de nuit, dans des squats, pour des contrôles d’identité, des arrestations ou simplement pour effrayer les habitants, expulsions sans décisions de justice, destructions de cabanes, de tentes et d’effets personnels par la police ou les services municipaux)

Rappel à la loi http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/05/12/rappel-a-la-loi/

Rappel du cadre juridique du droit à la vie privée

Le droit à la vie privée est protégé par l’article 9 du Code civil :
« Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l’intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s’il y a urgence, être ordonnées en référé. »
La jurisprudence constante de la Chambre criminelle de la Cour de Cassation définit le domicile comme le « lieu où une personne, qu’elle y habite ou non, a le droit de se dire chez elle, quel que soit le titre juridique de son occupation et l’affectation donnée aux locaux ». Il peut s’agir d’une caravane, d’une chambre d’hôtel ou d’une tente. Cette définition est valable pour les occupants sans titre (squatters).

Résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU du 28 juillet 2010:

signée par 122 pays qui « déclare que le droit à une eau potable propre et de qualité et à des installations sanitaires est un droit de l’homme, indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie. »

en savoir plus sur les actuelles expulsions, les luttes, les droits: consulter le site de l’intercollectif Nord Pas de Calais: roms5962.fr/roms/wp.php

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Education en prison

Le droit à l’éducation progresse lentement. Il y a eu d’autres avancées dans le domaine plus général de l’éducation des enfants, comme le droit à l’instruction prévu à l’art. 2 du protocole 1 (voir l’index thématique de ce site, sous le v° Instruction, qui mentionne des arrêts concernant des écoles spécialisées pour enfants roms en Hongrie et en Italie) . Il y a peu d’arrêts toutefois sur ce sujet, probablement parce que les voies de recours nationales sont plus difficiles à exercer dans ce domaine avant de pouvoir saisir la CEDH. Ci-dessous un extrait en anglais du commentaire de Laurens Lavrysen concernant un arrêt sur l’éducation en prison, dans le blog Strasbourg Observers.

J.M. Visée et J.P. Pinet

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Strasbourg Observers

(…) First of all, the judgment is important since the Court recognizes that the right to education in prison is as relevant for remand prisoners as for convicted prisoners. Without explicitly undertaking a non-discrimination analysis, the judgment can be considered to build upon the right of equal treatment of remand and convicted prisoners which was recognized under Article 14 in the case of Gülay Çetin v. Turkey (see Cedric De Koker’s blogpost here). (…)

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